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Cahier des charges de site internet : rubriques, méthode et modèles

Par · Co-gérant de SeriousWeb

Un cahier des charges de site internet est le document dans lequel vous décrivez, avant de consulter des prestataires, ce que votre site doit faire : le contexte de votre entreprise, les objectifs du site, ses visiteurs, ses pages et fonctionnalités, ses contraintes techniques, votre budget et votre calendrier. Pour une petite entreprise, cinq à dix pages bien structurées suffisent, selon France Num, le service public d’accompagnement au numérique des entreprises.

Ce guide détaille les rubriques à couvrir, la manière de les rédiger, ce qui change pour une refonte, où trouver des modèles et comment se servir du document pour choisir un prestataire. Votre-webmaster.pro référence des professionnels du web sans rien leur vendre ni vous vendre : les conseils ci-dessous s’appuient sur les sources publiques citées en bas de page.

À quoi sert un cahier des charges de site internet

Le vocabulaire du web prête à confusion : ce que vous imaginez en parlant d’un « espace client » ou d’un « site simple » n’est pas forcément ce que le prestataire comprend. Le cahier des charges sert de langage commun. Le dossier que France Num consacre au sujet, rédigé par Christine Burguin, Activateur France Num, lui attribue quatre fonctions :

  • il vous oblige à clarifier vos objectifs avant de dépenser ;
  • il permet de comparer les offres des prestataires, puisque tous répondent à la même demande ;
  • il sert d’outil de pilotage pendant le projet ;
  • il devient la base contractuelle de la relation, à laquelle se référer en cas de litige.

Il a un dernier intérêt, plus pratique : il permet au prestataire de chiffrer précisément. Un devis établi sur une description de deux lignes repose sur des hypothèses ; un devis établi sur un cahier des charges repose sur vos besoins réels.

Qui le rédige ?

Idéalement, le client, c’est-à-dire vous. Vous seul connaissez votre activité, vos clients et vos contraintes internes. Le prestataire retenu peut ensuite le faire évoluer avec votre accord, en proposant d’autres solutions pour atteindre les mêmes objectifs. Si vous manquez de temps ou de recul, certains professionnels proposent d’accompagner sa rédaction : cette prestation est alors distincte de la réalisation du site.

Les rubriques d’un cahier des charges

Aucune norme n’impose de plan. Les modèles diffèrent dans la forme, mais ils couvrent tous les mêmes sujets. France Num retient sept grandes parties, auxquelles s’ajoutent les questions de contenus et de référencement que posent la plupart des modèles.

Rubrique Questions auxquelles elle répond
Contexte Qui êtes-vous, que vendez-vous, à qui, sur quel territoire ? Existe-t-il déjà un site ?
Objectifs Que doit apporter le site, par ordre de priorité : demandes de contact, ventes, notoriété, réduction des appels ?
Cibles Qui utilisera le site, avec quel équipement, pour chercher quoi ?
Structure et fonctionnalités Quelles pages (arborescence), quelles fonctions pour le visiteur et pour vous en administration ?
Graphisme et contenus Charte graphique existante ou à créer, sites qui vous inspirent, textes et images fournis ou à produire
Technique et outils tiers Logiciels avec lesquels le site doit fonctionner, hébergement, nom de domaine, sécurité, mesure d’audience
Référencement Expressions sur lesquelles être trouvé, exigences techniques de base
Livrables et calendrier Forme de réponse attendue des prestataires, jalons du projet, date de mise en ligne
Budget Enveloppe estimée, distinction entre création et frais récurrents
Grille d’évaluation Critères sur lesquels vous choisirez le prestataire

Rédiger chaque partie : la méthode

Des objectifs formulés de façon mesurable

« Être plus visible » ne guide aucun choix. France Num recommande de hiérarchiser les objectifs et de les formuler de manière quantifiable, en nombre de demandes de contact, de ventes en ligne ou de visiteurs. Chaque objectif oriente différemment la conception : un site qui doit générer des demandes de devis met l’accent sur le parcours vers le formulaire, un site qui doit vendre sur le catalogue et le paiement.

Des cibles décrites concrètement

Décrivez les personnes qui utiliseront le site : professionnels qui cherchent un fournisseur, particuliers qui comparent, clients existants qui cherchent une information après achat. Indiquez ce qu’elles viennent chercher et sur quel écran. Quand plusieurs profils coexistent, précisez quelles pages s’adressent à chacun.

Un périmètre et des priorités

Annoncez d’abord le type de site : vitrine, e-commerce, prise de rendez-vous, portail client. Listez ensuite les fonctionnalités, et pour chacune le comportement attendu côté visiteur et côté administration. Surtout, séparez l’indispensable du souhaitable. France Num donne l’exemple du site vitrine, où le formulaire de contact est indispensable alors que le chat en direct relève souvent du secondaire pour une TPE. Cette hiérarchie est ce qui permet d’arbitrer quand le budget ne suffit pas.

Une arborescence, même sommaire

Listez les rubriques de premier niveau, puis les sous-rubriques. Pour une PME de services, France Num cite une structure type : Accueil, Prestations, Réalisations, À propos, Contact. Décrivez aussi le parcours souhaité du visiteur, de son arrivée jusqu’à l’action attendue. Rien n’est figé à ce stade ; l’essentiel est de ne pas oublier de page.

Le graphisme et les contenus

Joignez votre logo et votre charte graphique s’ils existent. Citez quelques sites qui vous plaisent, et d’autres qui vous déplaisent, en disant pourquoi : ces exemples cadrent mieux la direction créative qu’une description abstraite. Précisez enfin qui produit les textes, les photographies et les vidéos, et à quelle date ils seront disponibles. C’est souvent le point qui retarde le plus les projets.

La technique, sans jargon

Vous n’êtes pas tenu de choisir la technologie : France Num précise qu’il est en revanche indispensable d’indiquer avec quels autres outils le site devra fonctionner (logiciel de gestion commerciale, outil de réservation, lettre d’information, gestion des stocks). Mentionnez vos exigences sur l’affichage mobile, les sauvegardes, le certificat de sécurité, la conformité au RGPD et l’accessibilité. Indiquez aussi si vous possédez déjà un nom de domaine, et exigez qu’il reste ou soit enregistré à votre nom, avec un accès administrateur au site.

Le référencement dès le départ

Même sans ambition immédiate sur Google, inscrivez des exigences de base : adresses de pages lisibles, hiérarchie de titres cohérente, temps de chargement optimisé, possibilité de modifier les balises et de gérer les redirections dans l’outil d’administration. Si vous savez sur quelles recherches vous voulez être trouvé, notez-les : elles orienteront l’arborescence et les contenus.

Budget, planning et organisation du projet

Indiquer un budget n’affaiblit pas votre position. Il permet aux prestataires de dimensionner leur réponse et de vous dire ce qui est réaliste. Distinguez le coût de création des frais récurrents (hébergement, maintenance, évolutions), et indiquez ce qui relève du budget initial et ce qui sera une option.

Le dossier France Num donne plusieurs repères issus de l’expérience de son autrice :

  • prévoir une réserve de 15 à 20 % du budget pour les ajustements et besoins non anticipés ;
  • compter généralement 2 à 4 mois de développement pour un site vitrine, 4 à 8 mois pour un e-commerce ;
  • découper le projet en jalons datés : maquette, développement, intégration des contenus, tests, formation, mise en ligne.

Ces durées et ce pourcentage sont des ordres de grandeur, pas des normes. Pour situer votre budget, notre guide sur le prix d’un site internet détaille les fourchettes publiques par type de site.

Prévoyez aussi l’organisation. Qui, chez vous, valide les maquettes et les contenus ? Dans quel délai maximal après réception ? Combien de cycles de corrections sont inclus ? France Num note que les retards proviennent souvent des validations côté client : les écrire dans le cahier des charges engage les deux parties. Pour un site vitrine, un interlocuteur unique et un point à chaque jalon suffisent.

Enfin, anticipez l’après. Un site nécessite des mises à jour de sécurité, des ajustements de contenu et des évolutions. Demandez une formation à la livraison pour pouvoir modifier vos contenus seul, et précisez vos attentes en matière de maintenance.

Le cahier des charges d’une refonte : ce qui s’ajoute

Une refonte part d’un existant, qu’il faut décrire. Ajoutez au plan ci-dessus :

  • l’état des lieux technique : outil de gestion de contenu, extensions, hébergeur, qui administre le site aujourd’hui ;
  • la propriété : êtes-vous titulaire du nom de domaine, disposez-vous des accès à l’hébergement et à l’administration ?
  • les données disponibles : fréquentation, pages les plus visitées, demandes ou ventes générées ;
  • ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, du point de vue de vos clients comme du vôtre ;
  • les contenus à reprendre, à réécrire ou à supprimer ;
  • la conservation de la visibilité : exigez la redirection des anciennes adresses vers les nouvelles, sans quoi les pages déjà positionnées dans Google perdent leur trafic.

Ne recopiez pas simplement l’arborescence actuelle : la refonte est l’occasion de la revoir à partir de vos objectifs et des recherches de vos clients.

Où trouver un modèle de cahier des charges

France Num a rassemblé une sélection de trames publiées par des agences, des indépendants et des éditeurs, la plupart au format PDF, de quelques pages à plusieurs dizaines. Certaines sont généralistes, d’autres visent un usage précis : site e-commerce, hébergement touristique, projet informatique. Leurs sommaires se recoupent largement : présentation de l’entreprise, cibles, objectifs, existant, graphisme et ergonomie, arborescence, description fonctionnelle, contraintes techniques, planning, budget.

Un modèle aide à ne rien oublier, à condition de ne pas le remplir mécaniquement. Supprimez les rubriques sans objet pour votre projet, et développez celles qui comptent : un artisan n’a pas besoin d’une section sur la gestion des stocks, une boutique en ligne a besoin d’une description précise du catalogue, des moyens de paiement et de la livraison. France Num le rappelle : un cahier des charges n’a pas à être un document technique de cent pages.

Pour une commune, une association ou un organisme public, le principe est le même. Un acheteur public doit en plus respecter les règles de la commande publique, qui encadrent la forme de la consultation : renseignez-vous auprès du service chargé des achats.

Se servir du cahier des charges pour choisir un prestataire

Envoyez le même document à plusieurs professionnels, deux ou trois suffisent pour un petit site. La qualité des réponses est déjà une information : la précision de la proposition, la lisibilité du devis et les questions posées en retour permettent, selon France Num, d’identifier le mieux-disant. Un prestataire qui vous interroge sur vos objectifs avant de chiffrer est généralement plus fiable qu’un autre qui répond par un prix global.

Prévoyez dans le document une grille d’évaluation : compréhension du besoin, méthode, références comparables, calendrier, prix, conditions de maintenance. Vous comparerez ainsi des offres sur les mêmes critères. Méfiez-vous du seul critère du prix : le dossier France Num observe qu’un devis anormalement bas cache souvent des prestations incomplètes.

Une fois le prestataire choisi, le cahier des charges ne disparaît pas. Annexé au devis ou au contrat, il fixe ce qui doit être livré. À la recette, vous vérifiez point par point que chaque fonctionnalité prévue est présente et fonctionne avant de payer le solde.

Questions fréquentes


Comment faire un cahier des charges pour un site internet ?

Partez de votre entreprise et de vos objectifs, puis décrivez les visiteurs visés, l’arborescence des pages, les fonctionnalités en séparant l’indispensable du souhaitable, vos attentes graphiques, les contenus disponibles, les outils avec lesquels le site doit fonctionner, votre budget et votre calendrier. Terminez par les critères sur lesquels vous choisirez le prestataire. Un modèle aide à ne rien oublier.


Que doit contenir un cahier des charges ?

Selon France Num, un cahier des charges de site présente le contexte de l’entreprise, les objectifs du site par ordre de priorité, sa structure et ses fonctionnalités, les outils tiers avec lesquels il doit fonctionner, une grille d’évaluation des prestataires, les livrables et le calendrier attendus, et un budget estimé. S’y ajoutent les attentes graphiques, la production des contenus et les exigences de référencement.


Est-ce qu’un cahier des charges est obligatoire ?

Non, aucune règle n’impose à une entreprise de rédiger un cahier des charges pour faire créer son site. Il reste fortement conseillé : il permet de recevoir des devis comparables, sert de référence pendant le projet et, annexé au contrat, en cas de désaccord. Les acheteurs publics obéissent en revanche aux règles de la commande publique, qui encadrent leurs consultations.


Comment rédiger un cahier des charges pour la refonte d’un site internet ?

Reprenez le plan d’une création et ajoutez un état des lieux : outil et hébergement actuels, titulaire du nom de domaine, accès dont vous disposez, statistiques de fréquentation, pages qui fonctionnent, contenus à reprendre ou supprimer. Exigez la redirection des anciennes adresses vers les nouvelles pour conserver la visibilité acquise, et profitez-en pour revoir l’arborescence plutôt que la recopier.


Où trouver un modèle de cahier des charges de site internet ?

France Num, le service public d’accompagnement au numérique des entreprises, propose une sélection de trames gratuites publiées par des agences et des indépendants, la plupart en PDF : modèles généralistes, e-commerce, hébergement touristique ou projet informatique. Choisissez celui qui ressemble le plus à votre projet, supprimez les rubriques sans objet et développez celles qui comptent pour vous.


Combien de pages doit faire un cahier des charges de site internet ?

Pour une TPE ou une PME, France Num estime que cinq à dix pages bien structurées suffisent largement à cadrer un site vitrine ou un e-commerce simple. Un document plus long n’est pas meilleur : ce qui compte est que les objectifs, les fonctionnalités prioritaires, le budget et le calendrier soient clairs. Les projets complexes, avec connexions à d’autres logiciels, demandent davantage de détail.